RELIANCE COACHING Conscience et éveil de soi

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Echanges virtuels

Échanger

Interagir

Qu’est-ce que le terme « interagir » signifie?

Le dictionnaire Trésor de la langue française le définit comme suit : « Avoir une action réciproque ». Interagir implique donc « le caractère, l’état d’un sentiment, d’une relation, ou d’une action de réciprocité », autrement dit, un acte basé sur un rapport d’échange qui s’établit entre deux ou plusieurs personnes. Pour qu’un échange prenne forme, il est donc impératif qu’un rapport de mutualité soit à la base de l’action que l’on s’apprête à effectuer sinon l’acte en lui-même ne peut être qualifié d’échange.

Mais à quel type de communication pouvons-nous avoir affaire dans le monde du virtuel?

De quel(s) espace(s) ces deux notions de « réciprocité » et « d’interaction » s’emparent-elles dans ce monde replié sur lui-même? Sous quelles formes peuvent-elles se manifester? Sous quel rapport sont-elles régies? A quel type d’échanges peuvent-elles donner lieu? Quelle(s) contradiction(s) en sous-tendent l’armature?

Ce n’est pas des éléments de réponse provenant d’une analyse en bonne et due forme que je vais vous livrer aujourd’hui mais plutôt vous convier à prendre part à une partie du récit et de l’expérience de Cécile, certes, tout subjectifs mais dont j’ai repris à mon actif les principaux éléments à partir desquels je souligne certains mécanismes inconscients à l’oeuvre et qui confèrent à transformer toute tentative d’échange en un monologue et en un empilement de demandes larvées.

Cécile, tout juste la trentaine, a un objectif simple, direct, précis et, surtout, réalisable : échanger avec des étrangers de tout horizon ayant la même appétence qu’elle, à savoir, découvrir de nouveaux pays, leurs us et coutumes, leur culture, les mentalités à l’oeuvre. Pour ce faire, elle décide de s’inscrire sur deux sites de correspondance qui œuvrent dans ce sens et qui permettent de mettre des étrangers en contact les uns avec les autres.

De l’excitation, Cécile, qui tente, tant bien que mal, de naviguer dans les eaux troubles d’un monde qui lui apparaît, soudainement, tentaculaire et tellement éloigné de son objectif de base, commence à ressentir une insatisfaction qui va croissant.

Ce qu’elle côtoie au quotidien sur ces sites : l’absence, le manque, le doute, le vide, la dépression, l’amertume, le travestissement, l’orgueil, l’étalage, l’indifférence, la vantardise. Un entrelacs de vies avortées dont la négativité et le vide contaminent et contagient tout ce qui s’y trouve alentours. Avant de se laisser happer à son tour, Cécile décidera de mettre un terme à cette expérience en supprimant ses profils et en regagnant la terre ferme de ses envies qu’elle conçoit désormais d’enraciner dans le vivant, dans le réel. Un seul contact aura correspondu et pleinement donné satisfaction à son objectif. Un seul face à une centaine. A quelle entreprise chronophage sa démarche aura-t-elle abouti?

Où sont-ils tous ces individus qui, comme elle, ont tout mis en oeuvre pour entrer dans une dynamique d’échange qui s’avère en être l’exact contraire?

Des messages en creux. Des échanges qui n’en sont pas. Des demandes implicites larvées. Des exigences louvoyantes. C’est ce qui se produit lorsque le contenant (le site) est détourné de sa fonction première, en l’occurrence ici, celle de rassembler autour de la thématique du voyage pour prendre le caractère d’une demande intimement personnelle à travers l’expression de besoins qui n’arrivent pas à prendre corps dans le réel ; leur expression s’opérant de manière inadéquate et substitutive ce qui revient à ne pas s’autoriser à les satisfaire adéquatement dans le réel et à les enraciner dans une forme d’illusion qui ne peut aboutir qu’à une forme de renforcement de ce qui fait défaut. Car pour pleinement les satisfaire, il convient de se confronter à l’objet de sa requête et à y faire face dans le réel sinon ce n’est pas une résolution mais un déplacement.

Ce trait est relativement perceptible dans les micro-profils suivants :

Pedram, cet iranien de religion zoroastrienne, qui après deux échanges sur Sartre et De Beauvoir, la presse de plus en plus afin de savoir si elle est célibataire. Son objectif caché? S’amouracher d’une occidentale et fuir un pays dont il est profondément en désaccord, surtout, en termes religieux.

Thomas, un français quinquagénaire en pleine crise spirituelle qui cherche à rassembler des âmes qu’il s’est mis en tête de faire entrer dans une initiation mystique dont il serait le gourou.

Astrid, une mexicaine qui n’ose donner corps à son désir de devenir écrivaine et qui balance compliment sur compliment dans l’espoir vain de voir toutes ses fictions lues, commentées, analysées comme si Cécile était la représentante d’une maison d’éditions et avait le pouvoir de valider l’intégralité de ses productions.

Garry, un texan au bout du divorce qui tente désespérément de comprendre la psychologie des femmes afin de pouvoir retenir la sienne.

Ali, un singapourien en mal de reconnaissance sociale, qui lui envoie des monologues décrivant ses états d’âme, et dans lesquels ils retracent l’intégralité de sa vie comme si cette dernière avait besoin d’obtenir le label « J’existe ».

Pina, une canadienne de son âge, dont la timidité et l’empreinte qu’elle a laissée sur elle occupent tout l’espace, empêchant tout échange d’advenir.

Elayes, un jeune homme d’affaires anglais ambitieux dont le besoin de plaire physiquement est tel que son comportement en devient obsessionnel.

José, l’espagnol qui veut à tout prix échanger sur ses pérégrinations mais qui lui impose, dès le premier message sur la plateforme, de lui répondre sur sa messagerie personnelle ce qu’elle refusera. Après une réponse assassine, il bloquera son profil pour entrer dans la liste des abonnés absents.

Ces profils ont tous un trait commun : une ou plusieurs demande(s) cachée(s) qui n’ont rien à voir avec celle de pouvoir explorer un pays à travers les yeux et les perceptions de l’un de ses habitants.

Quel monde que celui du virtuel avec son lot d’exigences cachées. Que de narcissisme se cache derrière ces écrans. Que de messages auto-centrés. Intéressant de s’observer et à observer depuis le noyau central de son être.

Des réponses mécaniques qui ne reflètent qu’un échange à sens unique. Pas de curiosité. Pas d’intérêt en dehors de leur sphère propre. Juste une série de monologues qui tentent de dire au monde ce qui est tu dans la vie réelle, comme pour mieux cacher la laideur d’une vie que l’on perçoit soi-même comme inaboutie ou plutôt, comme étant inconvenante.

Qu’est-ce que toutes ces personnes recherchent, au fond? Que viennent-elles chercher?

La réponse est contenue, en partie, dans leur mode de communication, lequel reflète ce qui leur manque cruellement dans leur vie : de la reconnaissance, une certaine forme d’attention, d’approbation, de validation, de l’écoute et surtout, une présence. Des besoins qu’elles ne s’autorisent pas à satisfaire par elles-mêmes parce que les satisfaire reviendrait à accepter d’affirmer qui elles sont, de s’exposer, de se dire et surtout, à assumer la paternité de leurs choix et de leurs désirs. Elles deviendraient d’un seul coup les seules et uniques responsables de qui et de ce qu’elles sont et font. Et si on les rejetait pour justement avoir voulu affirmer et rendre leurs désirs et besoins concrets, réels, tangibles, comme étant le reflet de ce qu’elles sont et vivent dans leur être propre? « Trop dangereux », pensent-elles. « Je ne veux pas perdre tout ce que j’ai acquis. Mieux vaut trouver une solution alternative ou rester dans une forme de statu quo« . C’est ainsi qu’elles s’enclavent dans l’attente et qu’elles se mettent en quête de trouver une réponse à l’extérieur alors que ce sont ces mêmes besoins qui demandent à être reconnus et nourris de l’intérieur. Une attente qu’elles espèrent, inconsciemment, la plus courte possible et surtout l’attente brûlante qu’un concours de circonstances ne vienne les en libérer.

Une double attente, bien que de nature différente, qui s’abreuve aux abords des territoires de l’intime, territoires qui, dans le réel, se laissent difficilement parcourir, ce qui peut donner naissance à une forme de division intérieure et placer l’individu dans une forme d’ambivalence, d’où son comportement empli de contradictions.

Au fond, est-ce qu’une partie de ces individus ne cherche-elle pas à se sentir tout simplement exister à travers des échanges qui, même s’ils s’inscrivent dans la superficialité et /ou le démenti de leur existence, traduisent un besoin de partage et de reconnaissance en termes de vécu? Pouvoir reconnaître une partie de moi en l’autre, et déposséder ce vécu de la charge qui est la sienne. Pouvoir alléger le poids de la souffrance ressentie à travers le regard de cet autre qui existe sans exister et m’en servir comme d’un exutoire même si ce processus s’opère de manière inconsciente.

Qu’en est-il de l’autre partie? Cherchent-ils à nouer un contact, aussi fébrile soit-il? Mais comment arriver à en créer un lorsque l’échange repose uniquement sur des attentes inconscientes voire sur des exigences voilées? Quel type de lien peut prendre corps? Comment ce lien peut-il laisser de la place à la découverte, à la surprise, à la spontanéité quand il est d’entrée de jeu coupé par un esprit emprisonné dans sa propre histoire et qui n’a plus d’espace libre pour accueillir l’autre dans ce qui est? C’est comme un message enfoui dans une bouteille que l’on jetterait dans la mer dans l’espoir vain qu’elle finira par s’échouer quelque part.

S’échouer. C’est bien ce terme qui traduit ce que la majorité de ces âmes vient chercher sur ces sites. Des âmes happées par l’ennui, par la lassitude, par une forme de langueur, par un sentiment de vide.

Des âmes en souffrance. Certaines égarées, certaines éplorées, certaines déchues, certaines blasées, certaines en manque affectif, certaines en quête d’elle-même.

Or, ce qu’elles ne saisissent pas, c’est qu’elles ne peuvent atteindre un état de satisfaction sans prendre conscience, au préalable, de ce qui meut leurs actes au quotidien. Cela revient à prendre un problème à l’envers et à tenter de le résoudre en utilisant, encore et encore, la même stratégie alors qu’elle a avorté une bonne quinzaine de fois et à persister dans cette forme d’aveuglement.

L’autre est, ainsi, d’entrée de jeu investi d’un rôle, celui de les sortir d’une certaine forme d’engourdissement, d’une sorte de léthargie mentale. Quel rôle fait-on peser, sans même en avoir conscience, sur les épaules de cet autre que l’on a choisi pour cette occasion. Quel abandon ressent-on quand cette âme, se rendant compte de la demande cachée, nous renvoie en plein face à nos besoins inassouvis et, pour certains, inavoués.

Quels actes peuvent s’ensuivre?

Un silence plein, rond, synonyme d’une certaine forme de fuite. Symbolisation de ce qui se produit véritablement dans leur quotidien.

Une réaction dans son aspect combatif, autrement dit, une micro-agression : « Mais que dis-tu? Pas du tout!!! Va te faire f….e ! » qui traduit une forme de déni face à la partie d’une réalité qu’elles se refusent de reconnaître. Elles oscillent donc entre les phases de déni et de colère sans arriver à passer à l’étape suivante qui est celle de la peur.

Quelle douleur que la leur à ce moment précis, quand le besoin reconnecte l’action qui y a donné forme. Quelle douleur que de prendre conscience et d’être renvoyé de la sorte à ce vide que l’on essaie désespérément de fuir ou de combler.

Ce que ces âmes ne réalisent pas, c’est que la cible n’est pas la bonne. Le vide est universel. Aucune âme au monde n’existe sans en avoir senti la brûlure à un moment donné de son existence.

La question n’est pas de savoir ce qu’est le vide. Il est inhérent à toute forme de vie. Toute. Aussi, vouloir y répondre en s’attaquant à la notion même est ne pas saisir l’étoffe de laquelle ce même vide est fait. Il ne peut que renvoyer à une sorte de manque, de chute, de précipice ; comme si une forme de division était tapie dans l’obscurité, fragile, prête à s’ouvrir et à se manifester. Aussi, toute tentative consistant à vouloir remplir ce vide par du plein reste un artifice car c’est bien l’acceptation pleine et entière de tout ce qui me constitue et de ce qui m’est donné de vivre et d’expérimenter qui va définir si oui ou non, je me sens un, complet, unifié.

Unifié. A quoi? A qui? Éternelles questions de l’homme face à des notions qui ne se laissent entrevoir que par une approche conceptuelle qui remplit un besoin de comprendre, de délimiter, de figer l’invisible dans une représentation mentale qui lui donne soudainement corps et vie. Or, l’invisible ne se laisse appréhender que par une vision profonde émanant d’une observation directe, immédiate, dépouillée de filtres, de catégorisations. On observe ce qui est : le mouvement de vie qui anime tout être. La nature répond à ce mouvement à travers la notion de cycle tandis que l’homme y répond à travers son souffle, sa respiration.

Est-ce à dire que chaque réponse est inscrite dans la nature de notre respiration?

Nota Bene : Mes plus chaleureux remerciements à Cécile qui a bien voulu se prêter à un exercice qui a soulevé bien des questionnements de sa part et qui lui a permis, à travers certaines retranscriptions, de prendre conscience d’un manque de congruence par rapport à certaines actions posées. Dans un échange, quel qu’il soit, une dynamique se met en place. Chacun des acteurs de l’échange confère à en déterminer la teneur mais également le contenu. Aussi, chacun d’entre eux a une responsabilité dans le maintien d’une communication qui s’avère inopérante ou dans celui d’un échange à sens unique. La faute n’incombe ni à l’un ni à l’autre de manière exclusive. Les responsabilités sont partagées car je ne peux maintenir un système en place que si je consens à y participer et donc, à en accepter, que ce soit consciemment ou inconsciemment, les termes. Dans les échanges virtuels, la situation n’est donc ni toute noire ni toute blanche. Elle s’inscrit dans un système qui implique la présence d’éléments qui vont bien au-delà des deux personnes concernées par l’échange et qui participent de l’élaboration d’une sorte de scénario qui va se dérouler en fonction de ce que chacun va tenter d’y trouver.

Ecrire sur le thème des échanges virtuels est une opération délicate car ce dernier recouvre une multitude de situations et de composantes qui ne peuvent être prises en considération dans leur globalité sans tomber dans des biais de généralisations, surtout s’agissant d’un article de quelques lignes. Aussi, gardez bien en tête l’objectif de l’article sous peine de tomber sous le couperet de certaines d’entre elles. L’objectif est de montrer un trait de notre société actuelle dont les individus tendent à se reclure dans le virtuel plutôt que d’affronter la nature de leur réalité présente.

🔵 Prêt(e) à comprendre votre mode de communication et à affronter la nature de votre réalité présente? OUI? Rencontrons-nous!

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Cette entrée a été publiée le 24/05/2021 par dans Articles, et est taguée , , , .

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