RELIANCE COACHING Conscience et éveil de soi

La connaissance de soi au service de la réalisation de soi

Cette part d’inconsolable en nous

Reliance Coaching Conscience et éveil de soi

La solitude, c’est ce seuil où – quoi que l’on dise, fasse, ait face à cet autre qui nous livre ce que contient son îlot de souffrance, d’incompréhension, de douleur, d’inavoué et d’inavouable – on ne peut le rejoindre à l’endroit où il se situe. En cela, il est seul face à un vécu qui n’est pas le nôtre et qui, comme tel, ne peut être qu’imaginé.

Nous sommes, chacun, une équation résultant de nos histoires personnelle, sociale, familiale, professionnelle et, surtout, des fictions que nous nous racontons à longueur de journée, autrement dit, les mythologies qui sont les nôtres et qui font de notre monde une interaction continue unique.

J’aime à décrire la solitude comme suit : 

La solitude, c’est ce seuil où – quoi que l’on dise, fasse, ait face à cet autre qui nous livre ce que contient son îlot de souffrance, d’incompréhension, de douleur, d’inavoué et d’inavouable – on ne peut le rejoindre à l’endroit où il se situe. En cela, il est seul face à un vécu qui n’est pas le nôtre et qui, comme tel, ne peut être qu’imaginé. Aussi, quels que soient les mots, les images, la tendresse ou autre que l’on pourrait manifester à cet autre dans les meurtrissures qui sont les siennes, il ne pourra en accuser réception à hauteur de ce qui se donne pour la simple et bonne raison que ce qui peut se dire ne rencontre pas son vécu, il n’en rencontre que l’écho, autrement dit, qu’une note donc une incomplétude. Un fragment.

Nous sommes tous seuls face à ces îlots qui nous constituent. Aussi, seul le silence sait comment communier avec ce qui en résulte. Car, très souvent, de belles intentions s’échouent contre des murs ; des mots non appropriés viennent lacérer une couture ; un geste trop rapide ou trop lent fait froncer les sourcils.

Dans la solitude, personne ne peut nous entendre. C’est la part d’inconsolable en nous. En revanche, une personne peut s’asseoir à nos côtés et, dans le plus profond des silences, se faire écoute dans ce même silence en se gardant bien de laisser sa propre parole arroser un champ qui pourrait bien s’en trouver inondé. Aussi, dans bien des cas, l’autre qui vous choisit comme réceptacle au sursaut qui se vit en lui ne ressent, contrairement à ce que nous pourrions penser de prime abord, pas le besoin d’échanger sur le sujet. Il cherche juste à partager avec vous le choc qu’il a vécu et qui peut encore se vivre comme tel mais dans une mesure tout autre. Aussi, dans ces cas où surgit l’inconsolable en nous, le geste tend à supplanter la parole ; le silence s’appose en regard de ce qui se dit en en embrassant chaque consonance. Ce qui s’échange alors, c’est une respiration qui en rejoint une autre, laquelle, pour l’occasion, se fait l’écho d’un tremblement qui reste dans la sonorité de Stupeur. De Sidération. Du choc. Brutal. Abrupt. Inattendu. D’une violence inouïe. Inentendable. Choc face auquel on se sent profondément démuni, désarmé et qui signe une forme d’impuissance qui peut littéralement nous plonger dans une forme de désarroi et de désespérance sans nom. C’est précisément ici, sans en rechercher ni l’attribut ni l’effet, que notre propre respiration se fait accueil de ce qui se vit en tumulte et en bouleversement chez l’autre. Dans un accueil calme, profondément placide, lequel renvoie à une forme d’assurance inébranlable en nous, cette conviction que cet autre qui se livre devant nous s’en est déjà sorti, qu’il a pu et su amortir ce choc et en absorber le coup. Cette conviction se transmet dans le plus grand des silences. Par un être-là, autrement dit, par une présence.

Nous vivons et évoluons dans des sociétés où nous sommes exhortés à user de notre verbe pour consoler l’autre, pour le rassurer, pour lui prodiguer une forme de soulagement comme si, seule la parole, seuls les mots, pouvaient le rejoindre dans la déflagration qui se vit en lui. Cette croyance équivaut à ne pas avoir expérimenté dans l’intégralité de son déroulement ce qu’est le choc, ce qu’il induit et ce qui peut, non pas en alléger l’étreinte, mais témoigner de sa tessiture, de son cordage, des lacérations qu’il peut provoquer et qui peuvent nous laisser, seuls, face à une sensation de dégradation.

Ça s’est abîmé. Ça s’est désintégré, autrement dit, ça a éclaté. Ça s’est fragmenté.

Ce qui cherche à se faire entendre, parfois, par des voies/voix incongrues, c’est ce « ça » et l’altération qui en résulte. Comme une faux qui viendrait, sans raison aucune, trancher dans le vif d’un organe sain amenant à sa perte. C’est à y perdre la raison. C’est ce surgissement inopiné, cet inattendu, cette conflagration inexpliquée qui cherche à se faire entendre sous la forme d’une question implicite : comment expliquer pareil événement?

Aussi, l’inconsolable en nous est cette part d’inexpliqué qui reste enclavée dans les ressorts du mystère et face auquel on peut frénétiquement se cogner lorsque la non-acceptation de ce qui est se fait montre et perdure dans le temps. Face au mystère, il nous reste, justement, cette variable qui vient constituer l’un de nos plus grands appuis : celle du temps. Notre tort consiste à chercher à éradiquer trop rapidement une condition, à nous satisfaire de raisons pouvant expliquer l’inexpliqué. On peut s’en trouver et en ressortir consolé, soulagé, réconforté voire assuré. C’est sans compter cette mécanique de la vie qui nous replace face à ce qui n’a pas été digéré, éliminé, intégré. Bref, face à l’inabouti, à l’inaccompli, à ce qui reste coincé dans une forme d’enchevêtrement dont nous avons appris finement à tirer les fils afin de pouvoir nous rassurer et maintenir une forme de statu quo.

Une épreuve, quelle qu’elle soit, ne se transforme pas. Elle s’accueille. Elle se digère au rythme qui lui est nécessaire. Un ensemble se décompose alors en autant de parties et de sous-ensembles qui la constituent. Systèmes et sous-systèmes sont, lentement, posément, désassemblés, décomposés afin de pouvoir permettre une élimination, autrement dit, un réordonnancement, un nouvel assemblage, un ordre nouveau et, de fait, une conversion de l’épreuve en une expérience de vie. Un apprentissage. Une leçon. On en retire une forme de connaissance, d’intelligence, de savoir qui peuvent, tous trois, être réemployés dans de futurs événements au goût et à la texture similaires. On devient compétent là où des points d’interrogation, auparavant, se manifestaient, là où seul une sorte de blanc remplissait notre oeil. Un tri s’opère donnant lieu à une forme d’intégration. C’est un processus qui contient, en son sein, sa propre intelligence. Aujourd’hui, nous tendons et cherchons à nous auto-générer. Ce qui s’ensuit? Une forme de collision avec cette intelligence innée en nous. Nous cherchons à contrôler le mystère en nous qui a son propre savoir. Aussi, dans bien des cas, l’état de choc se maintient dans le temps parce que nous cherchons trop à faire inférence dans un système qui a sa propre science et qu’il est sage d’appréhender comme tel afin de laisser chaque variable agir en son temps et en son lieu. La course actuelle au bien-être peut, ainsi, à bien des égards, nous faire percuter un train à grande vitesse de plein fouet plutôt que de permettre à Patience et à Intelligence en nous d’oeuvrer en arrière-plan, sans bruit, sans fracas ni grands frissons. C’est cela que permet le sillage du temps dans les encoignures des chocs qui sont et ont été les nôtres. C’est accepter de s’en remettre à une intelligence autre en la laissant cheniller au pas qui est le sien car dans ces déperditions qui sont les nôtres, des milliers de données sont conviées, rassemblées, égrenées en des fractions de secondes qui se succèdent les unes aux autres. Aussi, dans ces hémorragies qui convoquent un maillage complexe d’inter-relations infinies, notre propre intelligence nous invite à laisser ce tissage prendre le relais sans s’immiscer dans une toile dont l’ensemble des données, des tenants et des aboutissants nous échappe. C’est cela l’inexpliqué. C’est d’accepter notre finitude, la limite d’action qui est la nôtre face à une Intelligence qui surpasse, de loin, la compréhension, encore incertaine et fébrile, que nous pouvons avoir de l’univers et sa marche.

Et pour vous, qu’en est-il?

Comment vous accueillez-vous dans ces chocs qui peuvent, de façon totalement inexpliquée, venir nous ébranler au point de nous figer dans une stupéfaction qui gèle la raison en nous nous plaçant face à l’insupportable, l’insoutenable, l’insurmontable?

« Que vais-je advenir? Comment je vais pouvoir survivre sans cette chose ou cette personne? »

Rétrospectivement parlant, quels appuis et soutiens intérieurs ont été les vôtres durant la traversée de ce choc?

On en parle? 😀


Approfondir et enrichir la thématique :


💡Lire l’article : Laisser toutes choses nous asseoir.

💡Lire l’article : Les ruptures de vie.

💡Lire l’article : Moi et l’étranger ; Moi et l’inconnu ; Moi et l’autre.

💡Lire l’article : Placer notre regard au-delà de ce qui est.

💡Lire l’article : La foi.

💡Lire l’article : Le Souffle.

💡Lire l’article : L’espoir.

💡Lire l’article : Sensibilité, la modalité de l’être.

💡Lire l’article : La solitude.

💡Lire l’article : Habiter sa solitude.

💡Lire l’article : Aimer : entre solitude et compagnie aimante.

💡Entrevoir le langage du choc dans des fragments d’histoires : des instantanés de vie.

💡Laisser la puissance évocatrice du langage analogique faire choc en vous.

💡Réaliser des mini-activités en lien avec l’apport de l’art dans l’élaboration de contenus psychiques.

💡Participer à la réflexion : Pardonner, c’est déposer le fardeau qui vous ronge.

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