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Nous sommes des êtres de désir

Le désir n’est pas un manque mais une puissance : le désir est la puissance par laquelle nous persévérons dans l’existence et réalisons notre essence.

Pourquoi est-ce l’amour, le choix de nos attachements et de nos affections, qui définit notre parcours de vie et la façon dont nous nous dévoilons aux autres? Parce que, fondamentalement, nous sommes des êtres de désir. Cela ne signifie pas seulement que le désir est le trait qui nous caractérise le plus parmi d’autres traits certes moins importants. Non, cela signifie aussi que nous sommes désir, rien d’autre que désir. Voilà pourquoi Spinoza écrit :

Éthique III, Définition des affects, I : ”Le désir est l’essence même de l’homme, en tant qu’on la conçoit comme déterminée, par la suite d’une quelconque affection d’elle-même, à faire quelque chose.”

Être, c’est désirer ; désirer, c’est être

Cette citation rebattue a pourtant deux versants. D’une part, elle nous dit que l’homme n’est rien d’autre que désir : sans désir, il n’y a pas d’action, pas d’initiative, pas de vie tout court. Vivre, c’est vouloir vivre, s’efforcer de vivre, augmenter sa puissance de vie à travers les pièges, les obstacles et les opportunités qui se présentent à nous – bref, désirer. Mais, d’autre part, sans désir, il n’y a ni connaissance, ni raison, ni même de morale : la connaissance est d’abord un désir de vérité, la raison un désir de cohérence, la morale le désir d’une vie bonne. Comme nous le verrons plus tard, il est vain d’opposer la raison ou la morale au désir, de se soumettre de force à des principes ou des valeurs contraires à son désir, à moins que ceux-ci soient portés par un désir aussi.

Ce qui est plus surprenant, et moins connu, c’est l’autre versant de l’affirmation de Spinoza : non seulement l’essence de l’homme est constituée par le désir, mais surtout, le désir n’est constitué par rien d’autre que l’essence de l’homme. Si être, c’est désirer, désirer, pareillement, n’est pas autre chose qu’être. Qu’est-ce que cela signifie? Que dissimule l’évidence un peu simplette de l’équation mathématique?

Quand nous désirons, nous croyons vouloir autre chose que nous-mêmes, nous croyons devenir autres que ce que nous sommes. Mais Spinoza nous enseigne que désirer n’est pas autre chose qu’être soi-même, que vouloir être ce qu’on est déjà. Ce que nous désirons, c’est être nous-mêmes, pleinement, et sans concession.

Si nous étions un Dieu, nous serions nous-mêmes, naturellement, sans avoir envie d’autre chose : nous serions sans désir. Mais l’homme ne peut pas exister par lui-même comme un dieu. Il a besoin de nourriture, de chaleur, de sommeil, d’affection, d’échange, de reconnaissance, et de mille autres choses pour exister : bref, il ne peut subsister que si un grand nombre de circonstances concourent à sa survie et à son épanouissement.

Nous désirons ce qui nous permet de nous réaliser

C’est pourquoi Spinoza désigne le désir par le terme de conatus, qu’il définit comme ”l’effort de persévérer dans son être”. Il ne suffit pas d’être soi pour être ce qu’on est, notre identité dépendant de rencontres, d’alliances, de convenances plus ou moins aléatoires et imprévisibles. Être soi-même ne va donc pas de soi, mais implique un effort, une quête et donc un désir.

Cette quête n’est pourtant pas quelque chose qui se surajouterait à ce que nous sommes, qui nous viendrait de l’extérieur ou qu’on inventerait après coup. Non, cette quête est ce que nous sommes au niveau le plus fondamental. Spinoza écrit donc :

Éthique II, Proposition VII : ”L’effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être n’est rien à part l’essence actuelle de cette chose.”

Nous croyons que le désir est avant tout un manque. Nous croyons désirer ce que nous n’avons pas, ce que nous ne sommes pas. Or, en réalité, nous ne désirons que ce qui nous permet d’être nous-mêmes, que ce qui réalise notre essence. Cette essence n’est elle-même rien d’autre que ce mouvement vers notre épanouissement, cette poussée vers le plein déploiement de nos potentialités.

Deux conséquences s’ensuivent. D’abord, ce n’est pas l’objet du désir qui provoque notre désir. Nous ne désirons pas une chose ou quelqu’un parce qu’ils nous paraissent merveilleux, hors du commun, indispensables : nous ne les désirons que parce qu’ils nous permettent d’être ce que nous sommes. La publicité connaît bien ce mécanisme ; elle essaye moins de nous convaincre de l’excellence du produit qu’elle vante que de nous convaincre de l’excellence du produit qu’elle vante que de nous suggérer que, grâce à lui, nous serons enfin ce que nous avons toujours rêvé d’être : beau, séduisant, entreprenant, aimé de tous … Ainsi, nous voulons des vêtements, des voitures, des diplômes ou des titres non pas pour ce qu’ils sont en eux-mêmes, mais pour ce qu’ils sont censés faire de nous.

Nous désirons parce que certaines choses nous apportent de la joie et, ainsi, augmentent notre puissance ou notre capacité à nous réaliser nous-mêmes. En nous interrogeant sur notre désir, ne nous demandons pas ce que nous avoir, mais plutôt ce que nous voulons être à travers ce que nous désirons avoir.

Le manque affaiblit le désir

La deuxième conséquence concerne le fait que le désir n’est pas provoqué par un manque. Certes, le désir implique un manque – nous désirons quelque chose dont nous ne disposons pas. Nous en venons ainsi à croire que plus le manque est grand, plus fort sera le désir. Et puisque nous croyons l’intensité du plaisir proportionnelle à celle du désir, nous avons vite fait le pas de délibérément nous mettre dans des situations de manque pour augmenter notre désir.

Selon Spinoza, rien n’est pourtant plus erroné. Le désir n’est pas un manque, mais une puissance : le désir est la puissance par laquelle nous persévérons dans l’existence et réalisons notre essence. Or, le manque signifie bien une diminution de la puissance. Le manque nous affaiblit, et affaiblit donc aussi notre désir. Loin d’exacerber nos désirs, le manque les rend mesquins et fragiles. Ce sont, au contraire, les affects joyeux dont nous faisons l’expérience en réalisant nos désirs qui les augmentent.

Le temps de nous poser des questions est arrivé :

✏️ Pensez aux choses ou aux événements que vous désirez le plus. Que voulez-vous devenir à travers ces choses? Visualisez la personne que vous seriez si vous aviez ce que vous désirez, puis visualisez la personne que vous seriez si vous n’aviez, au contraire, pas besoin de ces choses-là.

✏️ Quel rôle le manque joue-t-il dans la constitution de vos désirs? Désirez-vous systématiquement ce qui vous manque? Est-ce la difficulté, voire l’impossibilité qui renforce vos désirs, ou, au contraire, le sentiment d’une possibilité, d’une ouverture, d’une opportunité? Pensez à un moment où l’être que vous aimez était loin de vous. La distance a-t-elle accru ou diminué votre désir?

Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet et poursuivre cette réflexion, je vous invite à aller vous abreuver à la source et à explorer l’ouvrage de Balthasar Thomass, Être heureux avec Spinoza, Éditions Groupe Eyrolles, 2008, pp. 20-24. Ce livre est, en général, disponible dans les bibliothèques de quartier. Il n’attend plus que vous pour être feuilleté et, telle une chasse aux trésors, de voir les pépites qu’il contient passées au tamis de votre curiosité.

Aller plus loin :


🔵 Vous êtes dans une période où vous vous rendez de plus en plus compte que, jusqu’à présent, vous n’avez eu que peu de désirs voire aucun. Votre vie a été davantage tournée vers la réalisation des désirs des autres au détriment de la réalisation de vos propres désirs. Vous en ressentez de la tristesse. Vous vous questionnez sur le sujet. Vous en avez assez de cette dynamique. OUI? Rencontrons-nous!

🔴 Une envie, un projet, un objectif en tête? Parlons-en!

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