RELIANCE COACHING Conscience et éveil de soi

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Circuit TAKABISHA

D’un coup net, l’image apparaît clairement devant vos yeux. De cette pénombre qui vous maintenait dans une sorte d’immobilité, vous êtes désormais alerte et prompte à répondre à l’urgence de la situation. Les stores de votre vision sont ouverts. Une lumière d’une puissance inouïe en éclaire le passage.

Vous êtes confortablement assise dans un fauteuil en cuir. Un livre occupe votre main droite, une tasse de café arme celle de gauche et vos yeux, frénétiquement, balaient de gauche à droite les lignes qui défilent de pages dont vous allez, en moins de temps qu’il n’y paraît, venir à bout.

Jubilation.

Vous souhaitez tout sauf être dérangée. Vous avez même éteint votre portable (si on venait à vous appeler, vous feindriez bien évidemment une panne provenant de votre opérateur afin de ne pas vous laisser glisser dans le manteau de Culpabilité. Pour une fois que vous vous accordez du temps, vous méritez non seulement un silence absolu mais toute votre attention).

Soudain, vous entendez un cri prolongé suivi de pleurs. La tête encore dans la fiction qui se déroule sur ces pages et dans votre esprit (oui oui, là, en ce moment, vous n’êtes plus Votre prénom mais Elisabeth voguant entre Rome, Bali, l’Inde et l’Indonésie … à moins que vous ne soyez à dresser fermement la liste de bonnes résolutions au côté de Bridget … ou vous imaginez-vous peut-être en sari au beau milieu d’une saga britannico-indienne …) débranche d’un coup sec la prise Lecture vous ramenant brutalement à la dimension du réel.

Emballement du cerveau archaïque. Tout s’entrechoque à l’intérieur de vous. Dans la terreur qui s’active, la commande Alarme émet une pression telle sur le bras que la tasse de café se retrouve projetée dans les airs pour venir s’écraser sur le sol. Ouille! Le café se répand sur ce tapis persan qui, rien qu’à sa vue, vous replonge quelques années plus tôt dans cette scène épique où votre mari, déterminé à en faire l’acquisition, était resté pendu aux lèvres d’un négociateur fort amusé par son entêtement mais qui, au bout de 3 heures de bavardages en rafale, avait rendu les armes et consenti à une réduction qui vous faisait honte (“hey, tu te crois sur un marché de troc ou quoi?”). Ravalant votre salive, vous aviez quitté l’enseigne vous confondant en mille excuses, votre corps se tordant en tout sens pour venir appuyer le terrible inconfort dans lequel vous vous sentiez littéralement prise en étau.

Des pleurs vous ramènent dans l’espace de votre maison (“Où suis-je? Qu’est-ce qui se passe?”). Vous secouez la tête comme pour raccorder votre esprit à la direction dont ces pleurs proviennent, le livre à moitié écrabouillé contre votre poitrine. Au moment où vous commencez à réaliser ce qui se passe, l’horreur s’empare de vos yeux et vous ne voyez plus qu’une seule chose : les feuilles littéralement broyées (“Comment est-ce possible? Je n’ai quand même pas un pulvérisateur à la place des mains, si …?).

L’alarme hurle de plus belle : “Danger! Danger! Évacuez la pièce. Je répète : évacuez la pièce! MAIN-TE-NANT …”.

Votre GPS intérieur prend le relais. En moins de deux, vous voilà sur le perron de la porte, figée, immobilisée par l’image qui se déploie sous vos yeux (“Je rêve, ce n’est pas possible …”). Votre coeur cogne frénétiquement contre les parois d’une cage qu’il pourrait défoncer en une fraction de seconde. Peur-panique.

“Eeeeeeeeeeerrrrrrrrrriiiiiiiiiiiiiiicccccccccccccccc …”. Ce cri animal se superpose aux pleurs qui ne cessent, depuis 15 secondes, de se faire entendre en mode Crescendo. 

Et vous voilà à courir comme une dératée (vous vous voyez l’espace d’une seconde dans la peau de Forest : “Cours Forest, cours!!!”), vous redoublez de vitesse et passez illico la 4ème quitte à faire exploser l’intégralité du moteur et de la boîte à vitesses. Rien ni personne ne pourrait vous arrêter au risque de se faire ratatiner sur le passage.

Ce ne sont plus des jambes qui soutiennent votre course mais la doublure de Robocop qui, mi-halluciné, mi-enragé, neutralise tout sur son passage finissant sa course folle au pied de l’impact. 

Les cris perçants vous labourent les tempes et pressent votre gorge jusqu’à vous étouffer. Vous avez l’impression de manquer d’air. 

Alarme redouble d’intensité : “Restez avec nous. On a besoin de vous, bordel. Sortez de votre torpeur et agissez!!! Qu’est-ce que vous attendez à rester plantée là? Est-ce que je dois réactiver le mode Robocop pour vous électriser? 

Booouuuuuuuuuugggggggeeeeeeeeee”, vocifère Alarme, mi-déchaînée, mi-enragée.

D’un coup net, l’image apparaît clairement devant vos yeux. De cette pénombre qui vous maintenait dans une sorte d’immobilité, vous êtes désormais alerte et prompte à répondre à l’urgence de la situation. Les stores de votre vision sont ouverts. Une lumière d’une puissance inouïe en éclaire le passage.

Tout défile rapidement. Des morceaux de ferraille ici et là. Une selle. Un guidon. Une chaîne de vélo. Une casquette. Votre regard prend de la hauteur. Ca y est, vous le voyez. L’impact. Vous les entendez ces pleurs. Vous les reconnaissez ces sons. Cette voix. Sa voix. 

Le mode Urgentiste s’active. Vite! Etendre Eric sur le dos. Lui demander s’il arrive à bien respirer. “Oui!” S’il a mal à la tête. “Non! Ici et au genou”. Du sang s’écoule de la clavicule jusqu’au genou comme si la chute s’était opérée sur le côté latéral exclusivement. Pas une égratignure de l’autre côté (“Comment est-ce possible?”, vous demandez-vous, mi-affolée, mi-intriguée … vous balayez d’un regard suspicieux l’aire du carambolage avant de lever vos yeux vers le ciel).

Alarme qui n’a presque plus de cheveux sur la tête vous assène un ultime coup qui, tel un ressort, vous ramène à la scène: vite! Placer Eric sur le côté. S’assurer qu’il n’a rien de cassé. “Non”. S’assurer qu’il peut tenir debout. “Oui”. 

Les vilaines entailles et éraflures saignent abondamment. “Attends-moi là Eric. Ne bouge pas!” (Comment pourrait-il se risquer à le faire vu l’état dans lequel il est … ? ). Par réflexe, vous enfilez à nouveau le costume de Robocop et telle une damnée, vous foncez jusqu’à la salle-de-bains, vous emparez de la trousse d’urgence et reprenait, presqu’en volant, le chemin inverse.

Les cordes vocales d’Eric n’arrivent plus à se faire entendre. Seuls des pleurs aigus se font audibles et lapident vos “Calme-toi mon coeur, ce n’est rien, maman est là. C’est fini” en les faisant redoubler d’intensité. Les cris se joignent à la partie ameutant, dans leur sillage, les commères du quartier qui se joignent au ballet et qui lâchent, comme dans un soliloque : “Ô pauvre petit, regarde dans quel état tu es. Faut-il pas être insensé pour laisser ses enfants faire du vélo avec tous ces chauffards … C’est pas une mère ça … Quelle honte, va!” et quittent le champ illico presto, gentiment conviées par le regard assassin de cette mère que vous êtes censée être et dont l’intégrité vient d’être sacrément sabrée. 

Dans tout ce fatras, Eric, lui, n’entend rien. Les larmes continuent à couler de plus belle sur ses joues tandis qu’Alerte armé d’un mégaphone de taille XXL en remet une couche : “Mais qu’est-ce que tu attends, tu vas les nettoyer et les désinfecter ces plaies, oui ou non?”.

Ulcérée par les propos glaçants proférés par la volaille du quartier, l’incendie qui s’est déclenché en vous a force mal à vous laisser vous mouvoir lorsqu’une décharge de 200 volts courant le long de votre épine dorsale saisit votre bras tout en provoquant une ouverture de la main qui, telle un automate, retire le mercurochrome de la trousse, y arrache un morceau de coton et dirige le tout vers le genou d’Eric. Avant d’appliquer la solution sur le genou, votre main gauche vient se poser tendrement sur sa joue droite ; la subtile pression exercée sur le geste redescend, d’un cran, l’intensité de ses pleurs. Un baiser sur le milieu du front redonne la parole à ce petit être qui, au milieu des sanglots qui continuent à l’assaillir, susurre un quasi inaudible : “Maaaaaaamaaaaaaaannn …”. Vous vous armez alors de la solution que vous appliquez doucement sur chaque égratignure accompagné d’un long baiser juste à côté de l’emplacement de la blessure.

Le mode Pleurs vient d’être désactivé. S’y substitue le mode Sécurité Apaisement très vite suivi du mode Joie. Eric vous aide même à remettre les produits dans la trousse. 

Quand il se lève, le mode Tristesse s’active : “Maman, t’as vu mon vélo. Il est tout écrabouillé. Comment je vais faire pour le réparer?”. Puis, il court vers la route, s’empare de la chaîne et du guidon et, se retournant vers vous, vous lance un poignant : “Il est mort …” laissant dans l’acte ses bras s’affaisser le long de son corps frêle et sa tête, crouler sous le poids du chagrin.

Il s’avance, tout penaud, les yeux rivés au sol et d’une voix qui transpire à la fois la peur et la déception, il vous livre son ultime pensée avant de clore l’événement “Chute de vélo” : “Et papa, qu’est-ce qu’il va dire quand il va voir que le vélo est fichu. Il va se fâcher. Il va pas être content. Je vais être puni?”.

N’attendant qu’un réconfort de votre part, il abaisse à nouveau son regard comme pour mieux se préparer à la réponse qui va surgir et qui pourrait le mitrailler sur place. Saisissant sa détresse intérieure, vous vous agenouillez devant lui, saisissez ses menottes à moitié écorchées puis, les deux genoux au sol, il entend une réponse réconfortante dans le calme et la chaleur de votre présence. Aussitôt ressentie, le voilà à crier à tue-tête. Le mode Joie vient de se réenclencher.

Quant à vous, c’est le mode Attendrissement qui vous invite à proposer à Eric de cuisiner ses sablés préférés. Invitation qui est, vous l’aurez deviné, accueillie avec le plus grand des enthousiasmes.

Extrait du recueil Fragments d’histoires, de Marina TABEL.

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