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Ego, mon bel ego

 

Ego, mon bel ego

Quand l’ego commence à régir nos décisions, nous pouvons être sûrs d’une chose, c’est que ces dernières seront lourdes de conséquences car elles ne peuvent qu’aller à l’encontre de ce que l’on souhaite et ce dont on a véritablement besoin, au plus profond de notre être.

Mais l’ego, c’est quoi au juste ? Le terme « Ego » provient du pronom personnel latin « Moi/Je ».

L’ego, c’est donc le « Moi, je ». Il  désigne généralement la représenta tion et la conscience que l’on a de soi-même.

C’est également cette entité qui veut tout contrôler, avoir toujours raison, celle qui n’en fait qu’à sa tête, celle qui ne lâche pas prise, celle qui nous rend orgueilleux, obtus et rigides dans nos décisions.

Lorsque nous avons atteint nos limites, nous nous surexposons quotidiennement au lieu de nous préserver. C’est alors que, croyant diminuer les conséquences de la décision prise, nous en augmentons les effets.

Pierre est cadre dirigeant d’un grand groupe industriel. Plus de 20 années de bons et loyaux services à son actif qui se sont soldées par une éviction suivie d’une tentative de suicide.

Inutile d’en lister les causes. Ce qui importe, c’est de mettre le focus sur ce qu’il s’est passé dans sa tête à ce moment-là pour comprendre que, dans chaque acte, chaque expérience, nous avons notre part de responsabilité.

Pierre travaille dans le même groupe depuis plus de 20 ans. Belle carrière à son actif, ponctuée de promotions et de défis en tout genre relevés haut la main.

Jusqu’à une décision fatidique prise par sa Direction : licencier 2 personnes travaillant sous sa responsabilité. Autant, il a toujours su faire face à la pression, être efficace quel qu’en ait été le contexte, autant, il se retrouve projeté sans l’avoir décidé ni y avoir consenti, dans une situation où il DOIT nommer ceux qui seront bientôt éjectés.

Cette décision, à laquelle tout dirigeant peut avoir à faire face dans sa carrière est comme la goutte d’eau faisant déborder le vase.  « Pourquoi ne l’a-t-on pas convié aux discussions préalables à cette décision ? ». « Pour qui le prend-on ? ». Il en a manifestement assez de cette manière d’opérer même s’il y aura, pendant de nombreuses années, acquiescé positivement.

Visiblement épuisé par un travail qui se prolonge quotidiennement jusqu’à minuit, qui meuble ses vacances et nourrit ses pensées jusqu’à ne plus vivre QU’à travers et POUR son travail malgré une femme et deux enfants qui ne demandent qu’une chose, sa présence les soirs, les week-ends et pendant les vacances, il persiste et signe.

Le voilà lancé dans une sorte de « guerre ouverte » avec sa Direction. Il veut faire reconnaître ses droits. Il ne supporte pas son éviction du processus amenant à ce plan de licenciement. Il refuse d’exécuter cette décision. Il se sent manipulé. Il a l’impression d’être devenu, du jour au lendemain, une marionnette dont on tire les fils en fonction des aléas du moment. Lui qui a tout donné pour cette entreprise, c’en est trop. « Il va démontrer à tout le monde qui il est ».

Le dégoût qu’il ressent l’empêche d’être objectif et d’analyser la situation dans sa globalité. La colère bout en lui.

S’ensuit toute une ribambelle d’échanges par mail avec la Direction qui fait l’autruche. Exaspéré par cette attitude qu’il qualifie de « manque de respect le plus total », il essaie de rédiger différentes solutions permettant d’éviter ces licenciements. « Toutes rejetées d’un bloc sans même en avoir analysé la pertinence et faisabilité ».

Réalité ou perception biaisée par sa colère ?

Abasourdi, il demande un entretien avec la Directrice des Ressources Humaines. Cette dernière prétexte un surcroît d’activité l’empêchant de le recevoir dans les jours qui suivent sa demande. Trois semaines plus tard, silence radio. Il décide alors d’envoyer un courrier en recommandé qui reprend, factuellement, la situation dans son contexte agrémentée des solutions proposées. Solutions qui permettraient d’éviter de se retrouver en sous-effectif ce qui finirait de compliquer la situation dans son ensemble.

Qu’en est-il des données chiffrées?

Ses employés ont entendu parler de la rumeur qui circule. « Tu savais, toi, qu’on était sur un siège éjectable ? Lui qui prétend être proche de ses salariés, à leur écoute ? J’y crois pas ! Qu’est-ce qu’on va faire? ».

Certains commencent à se liguer contre lui, à lui mener la vie dure. D’autres vont même jusqu’à rédiger des mails à l’intention de la DRH pour se plaindre de son type de management.

Vengeance ? Réalité ?

La situation se corse. La semaine qui suit, il est convoqué par la DRH qui lui remet une note expliquant la faute lourde dont on l’accuse et qui amène à une mise à pied immédiate.

Interloqué, touché à vif, Pierre est incapable d’exprimer quoi que ce soit. Il se voit contraint d’accepter cette notification, de prendre toutes ses affaires et de quitter les locaux dans les 5 minutes suivant l’entretien.

Penaud, abattu, en colère, il prend ses cliques et ses claques et quitte le bureau. Tout tourbillonne dans sa tête. Il est épuisé. Il n’est plus rien. Il n’a plus d’identité. Son identité, c’était son travail. Qu’est-ce qu’il va dire à sa femme en rentrant ? Il a honte. Il s’en veut d’avoir tout donné à cette entreprise jusqu’à nier ses besoins, jusqu’à SE nier, jusqu’à occulter ses proches. La culpabilité le taraude.

Il ne se reconnaît plus. C’est alors qu’il réalise avec effroi qu’il s’est perdu, depuis des années déjà, dans les méandres d’une quête permanente de reconnaissance. Il se sent las. Il n’a plus envie de lutter. Il veut juste en finir. Tirer un trait sur toutes ces années de dur labeur qui s’écroulent sur une simple notification.

« Qu’est-ce qu’il va devenir? ».

Il voit sa vie défiler à la vitesse grand V. C’est alors qu’il commet l’irréparable. Il attente à sa vie. Le compte à rebours est lancé.

Triste conclusion.

Pourtant, dans cette histoire parsemée d’abus de la part de son employeur, il a sa part de responsabilité.

Pourquoi ne pas s’être mettre mis en arrêt maladie ? Son médecin traitant aurait largement accepté de l’y mettre. Il aurait ainsi pu prendre le recul nécessaire au solutionnement de la situation et entrevoir d’autres options. Mais c’était inconcevable pour lui. Seuls les « faibles » s’y astreignaient. Il était hors de question qu’il s’y abaisse.

Suprême manifestation de l’ego. « Il voulait avoir gain de cause, les faire changer d’avis. Il finirait par gagner. On ne pouvait rien contre lui. Il était haut placé et respecté ».

Il a laissé son ego dicter ses choix, son comportement. Il a voulu le pouvoir, sans s’en rendre compte. Etre sous les projecteurs pour combler un énorme besoin de reconnaissance. Il s’est pris un merveilleux uppercut qui, s’il l’a littéralement propulsé à terre, lui aura au moins, permis d’ouvrir les yeux et de revenir à son être.

Aujourd’hui, il reste vigilant et se promet de respecter sa nature plutôt que d’aller chercher à combler des manques là où ils n’auront pas la moindre chance d’être entendus et de fait, qui resteront en l’état, si ce n’est renforcés et prêts à exploser au moindre faux-pas.

Quant à son orgueil profondément blessé, cette expérience lui aura enseigné les limitations de l’ego et sa dangerosité, sa perversité et surtout, son aspect illusoire. Lorsque nous vivons à travers notre ego, notre vie prend l’allure d’une vitrine sur laquelle se projettent nos désirs, nos peurs, nos craintes, nos émotions les plus viles et extrêmes, notre profond besoin d’attachement et notre manque de souplesse quant au changement.

Et pourtant, le changement est comme le souffle purificateur. C’est lui qui nous amène à un stade différent, qui nous élève, et qui nous amène à véritablement nous connaître. Pas l’inverse.

La nature humaine est plus complexe qu’il n’y paraît. Cependant, nous avons tous la faculté de nous poser et de rentrer en nous pour essayer d’y saisir chaque mouvement. Ainsi, nous pouvons remonter, doucement mais sûrement, aux causes de ces derniers et en ralentir la cadence pour en faire nos alliés.

Parce qu’en fin de compte, tout est en nous. Le tout est d’accepter de voir ce que notre miroir nous renvoie et d’affronter nos vieux démons et nos manques pour stopper le cercle vicieux des compensations en tout genre.

 

Contenu sous licence CC BY-NC-ND.  Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification.

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3 commentaires sur “Ego, mon bel ego

  1. Mactar SY
    20/07/2016

    A reblogué ceci sur mactarsy24.

  2. Me
    22/05/2016

    Bonjout avoir déjà de notre ego, est une chose qui n’est pas du tout simple ma question c’est comment s’en rendre compte quand notre ego se met en marche ?? et par la suite omment affranchir notre ego, y’a t’il des étapes simples pour y arriver

    • Reliance
      23/05/2016

      Merci Me de votre contribution. Vous posez une question très intéressante. Je vais y répondre en prenant quelques raccourcis parce que le sujet est tellement vaste qu’on pourrait y consacrer des pages.

      « Comment s’en rendre compte quand notre ego se met en marche ? »
      L’ego est présent quand nous faisons montre d’un orgueil mal placé ; quand on refuse de montrer sa vulnérabilité par peur du jugement ou autre ; quand on croit avoir raison sans avoir, au préalable, écouté toutes les parties en présence ; quand on veut à tout prix convaincre quiconque de petits riens lors d’une conversation sans importance, autrement dit, quand on veut systématiquement avoir le dernier mot sur tout et tous ; quand on ne supporte pas la critique ; quand on a exagérément confiance en soi, qu’on échoue et qu’on en rejette la responsabilité sur les autres et en les traitant durement ; quand on croit que certaines choses nous sont dues ; quand on considère que tout est acquis et qu’on commence à entrer dans des conflits sans fin pour le faire reconnaître ; quand on cherche à s’accomplir à travers le regard des autres, autrement dit, quand on est en quête permanente de reconnaissance et de valorisation sociale ; quand on refuse de demander de l’aide et qu’on considère ceux qui le font comme étant des « faibles » ; quand on refuse de reconnaître sa vulnérabilité ; quand on refuse de se faire soigner alors qu’on en a besoin et qu’on se croit intouchable ; quand on refuse de se remettre en question et qu’on accuse et dénigre l’autre ; quand on veut systématiquement dominer les autres par son point de vue, sa manière de faire, ses croyances et leur imposer de s’y aligner ; quand on se compare encore et encore aux autres.
      La vie ne repose pas dans son intégralité sur un champ de compétition mais pour la personne égotique, se comparer est presque un motto. C’est dévaloriser, juger, exclure, sanctionner, rabaisser, critiquer l’autre pour ce qu’on croit qu’il est sans l’avoir, au préalable, vérifié. Enfin, une personne fortement régie par son ego ponctue tous ses discours par « moi, je, moi, moi et encore, moi » sans tenir compte de l’autre.
      Comme vous l’aurez compris, ce genre de conduites ne peut qu’amener à s’exclure petit à petit, socialement parlant, et à avoir des relations compliquées et conflictuelles avec son entourage car tout est basé sur le refus, la non-acceptation, une forme de supériorité et d’orgueil mal placés qui positionnent l’individu au centre de nombre de dissensions. Cela ne peut que lui causer du tort et parasiter toute forme d’interactions. Je dirais qu’une personne ayant un très fort ego est plus dans la déconstruction que dans la construction et ce, pour pallier certaines failles en elle. Quand l’ego se manifeste à ce point, cela traduit toujours une problématique liée à l’estime de soi. On cherche dans l’autre ce que l’on devrait chercher en nous et réparer. Il y a comme une sorte de déplacement de la problématique sur l’autre et son environnement.

      « Comment s’en affranchir ? Y a-t-il des étapes simples pour y arriver ? »
      On peut arriver à ne plus laisser notre ego dicter nos choix et comportements en prenant de la hauteur par rapport aux événements, expériences, interactions et autres que nous sommes amenés à avoir et en s’ouvrant à l’autre. Prendre de la hauteur signifie, dans ce cas-là, se placer en tant qu’observateur et ne plus réagir du tac-au-tac. Car c’est répondre à une situation donnée dans la précipitation sans avoir eu le temps d’en comprendre les tenants ni les aboutissants. Il est donc important de ne plus se positionner au centre de son univers mais d’accueillir les autres, les événements, les expériences tels qu’ils sont sans vouloir les changer, sans vouloir que tout tourne autour de nous et respecter l’environnement dans lequel on évolue et son entourage pour ce qu’ils sont. Cela exige de se remettre en question et d’essayer de comprendre les mécanismes qui incitent la personne égotique à agir de la sorte, autrement dit, à revisiter et à comprendre son histoire personnelle. Car ce n’est que de cette manière qu’elle réussira à se placer correctement dans sa compréhension du monde.

      2 exercices très simples qui peuvent répondre à votre dernière question :

      1- Chaque soir, prenez une demi-heure et listez les situations dans lesquelles vous pensez que votre ego a joué contre vous (se référer à la liste du dessus). Qui et quoi étaient impliqués dans ces situations ? Qu’est-ce qui a déclenché tel ou tel comportement de votre part ? A quelle partie de votre histoire personnelle ce comportement vous renvoie-t-il et que vous n’arrrivez pas à accepter et à lâcher.
      Une fois fait, reprenez les différentes situations et en toute objectivité, demandez-vous quel comportement aurait été adapté à ces différentes situations. Cela vous permettra de mettre le doigt sur ce qui vous manque ou qui, pour le moment, dysfonctionne et qui vous incite à systématiquement être dans la réaction. Personne n’est parfait. L’objectif de cet exercice, c’est de prendre de plus en plus conscience des mécanismes à l’œuvre et qui vous poussent à agir de telle ou telle manière dans telle ou telle situation avec tel ou tel interlocuteur dans tel ou tel environnement et de les désamorcer. Je ne veux pas généraliser donc je m’arrêterai là car la réponse à votre question devrait prendre en compte ce qui vous constitue vous et pas un autre.
      Une fois que vous aurez répertorié les comportements qui vous aurez semblé juste d’avoir, essayez graduellement de les appliquer dans votre vie quotidienne et c’est là que le deuxième exercice intervient.

      2- Pratiquez une fois par jour la méditation de pleine conscience. Ce type de méditation est très puissant car il permet de devenir de plus en plus conscient de nos comportements, de nos schémas, de nos travers et de pouvoir de plus en plus vite se placer en tant qu’observateur.
      La méditation de pleine conscience permet de rester conscient et présent à tout ce qui nous entoure sans y prendre part quand ce n’est pas opportun. Quand on médite, si des pensées viennent parasiter votre méditation, laissez-les passer, ne vous focalisez pas sur les bruits mais notez plutôt la réaction que vous avez aux bruits, aux sons, ou autres et restez calme en respirant en pleine conscience.
      Une fois la méditation terminée, et lorsque vous êtes au calme et tranquille, listez les réactions et pensées parasitantes que vous avez eues et essayez de comprendre pourquoi elles vous ont dérangé et ont provoqué cette réaction en vous. Qu’est-ce qu’elles viennent toucher en vous ? A quoi elles vous renvoient ?
      Ces deux exercices sont très simples à faire, gratuits et incroyablement puissants.
      Seul pré-requis, s’engager dans la durée sans quoi les résultats ne pourront qu’être aléatoires et en dents de scie.

      Espérant avoir répondu à vos questions. A très vite !

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Cette entrée a été publiée le 14/04/2016 par dans Articles.

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